Les rencontres
Repas chanté

Comme
tout le reste du répertoire de tradition orale, les
"chansons à boire et à manger" ne sont pas
exclusivement dédiées à
telle ou telle circonstance et on peut les entendre chaque fois que
l’occasion
de chanter se présente. Toutefois le repas de
fête, moment fort de tout rituel
social, était et reste un des moments
privilégiés d’expression du chant.
L’ordinaire
du Breton se limitant souvent à peu de chose
(porc salé, crêpes, laitages et
bouillies…), les repas festifs n’en prenaient
que plus d’importance, et en particulier les repas de noce.
C’était vrai hier,
ça l’est encore aujourd’hui
même si, pour plusieurs raisons, les noces ne
constituent plus nécessairement le moment où la
chanson peut s’exprimer le
mieux à l’heure actuelle : question de
générations, de pratique du breton (en
Basse-Bretagne), de lieux souvent inadéquats, de sono et de
bruit, voire de
musiciens… Mais il n’y a pas de règle
et selon le milieu, les familles et les
mariés, certaines noces peuvent être un
régal en matière de chant.
Aujourd’hui,
d’autres occasions où une communauté
plus
homogène se regroupe autour de la table sont souvent plus
favorables. Pensons
par exemple à ces fameux repas de boudins de
Saint-Vincent-sur-Oust qui
réunissent un bon millier de personnes de la commune et des
environs. C’est
vrai également de toutes les petites occasions de
convivialité auxquelles le
boire et le manger sont intimement associés : les
casse-croûtes de fin de
kermesse pour remercier les bénévoles, les
regroupements impromptus, lors des fêtes,
dans la salle aux crêpes et au café, les repas de
famille ou entre amis, voire
les veillées de voisinage… Bref, tous ces moments
où l’expression culturelle
locale l’emporte sur la consommation de la culture
médiatique ou
institutionnelle… Tous ces moments où les
chansons à écouter et à
répondre
prennent le pas sur la chanson à danser,
omniprésente dans les festoù-noz.
Patrick Malrieu et Robert Bouthillier
Source :
Collection :
Tradition vivante de Bretagne 2 Edité par
Dastum.